Senny, est un prénom masculin qui signifie la “Joie”.
Camara, nom d’origine Mandingue, désigne le “Gardien de la paix”.
Selon la légende, plusieurs centaines d’années avant J.C., l’enfant prodige, Manssa Biliba, courageux et réfléchi réussit à pacifier et à mettre sous contrôle le royaume Sinssany (précurseur du Mandingue) en plein chaos sans avoir recours à l’armée. Un coup de maître. Il obtint le respect absolu de son peuple, l’amour des orphelins de guerre et mérita son titre de gardien de la paix du royaume, KÂ MARA en Malinké.
Le parcours de Senny Camara est singulier et quasi mystique tant par son ascension artistique que par son engagement pour la reconnaissance du droit des femmes, de la protection des enfants et la défense de l’environnement.

Dès l’âge de deux ans, Senny apprend le respect de la nature en partant chaque jour avec sa grand-mère pour se nourrir de ce que la forêt veut bien lui offrir. A moins de cinq ans, elle chante en cachette les chants de guérisons et s’imprègne des traditions et rythmes du village où elle grandit.
A sept ans, Senny découvre le son magique de la Kora et la diva Mahawa Kouyaté, un modèle qui l’inspire et accompagne, chaque jour, ses joies et ses peines.
Plus de 20 ans de travail et de persévérance, de respect de la tradition en s’ouvrant au monde pour cette artiste qui se sent “enfin” prête à partager sa musique, ses textes engagés, ses “combats de douceurs”. Digne de perpétuer la transmission sacrée !
La reconnaissance de son premier EP BOOLO, l’Unité en Wolof salué par le public, la critique et le monde artistique lui permettra de réaliser un rêve incroyable… Rencontrer Mahawa Kouyaté !
C’est la cantatrice elle-même qui décide de contacter Senny Camara directement par téléphone après que son fils lui ait fait écouter les titres la reprise de Nanfoulé par Senny ou encore Boolo… Les 2 femmes artistes, sous le charme, décident de se rencontrer au Sénégal. Mahawa Kouyaté lui fera l’immense honneur de la recevoir chez elle et même de chanter pour elle !
De cette rencontre incroyable, Senny rêve de rendre hommage aux chanteuses et chanteurs Sénégalais des années 60 et 70, parfois injustement oubliés. Écrire, jouer et chanter pour elles, pour eux. Et pourquoi pas.. Chanter avec eux… Une piste pour un 2ème album ?
Ma première composition est simplement guitare et voix, dont le titre est Talibé, traite des conditions de vie des enfants de la rue. Dialé est une chanson inspirée d’une histoire vécue, dont les pleurs de ma voisine à 5h du matin apprenant que son enfant faisait parti des 25 personnes disparues en mer… m’arrachent des larmes de douleur ! Je décide alors de présenter mes condoléances à toutes les familles des disparus du monde entier en m’accompagnant de ma kora, un titre hommage aux défunts qui quittent leur famille pour un avenir meilleur…
Après avoir chanté l’UNITÉ dans l’EP BOOLO sortie en novembre 2020, Senny finalise son 1er album intitulé YÉNÉ qui signifie l’ESPOIR dont la sortie est prévue d’ici la fin de l’année 2024.
Le plus grand rêve de Senny Camara est de créer un “Lieux de vie artistique multiculturel” qui accueillerait les enfants, les femmes et les hommes de toutes cultures, de toutes origines. Un espace communautaire pour soigner les blessures individuelles et collectives par la musique, le chant, la danse, l’écriture et la conscience environnementale… Un trait d’union entre les traditions inculquées à l’école , celles inspirées du NDeup transmises par sa grande-mère et la réalité d’un monde moderne qui écrase parfois des artistes capables de changer le monde.
Il y a déjà un travail immense qui est abattu au Sénégal pour la promotion de nos cultures locales, mais on peut toujours mieux faire. Cette immense richesse culturelle laissée par nos ancêtres (Sérère, manding, etc) méritent d’être partager avec les nouvelles générations du Sénégal tout en s’ouvrant au reste du monde dans les meilleures conditions.
Senny a très modestement et à titre personnel, entrepris la création de ce lieux de vie au Sénégal là où elle a commencé à jouer et composer non loin de Mbour. Un espace de répétition, les prémisses d’un studio d’enregistrement… Le souhait de pouvoir accueillir et promouvoir la rencontre d’artistes.
Si un jour ma musique me permet d’en vivre, je pourrai consacrer mon temps et mon argent à poursuivre mon projet de construire un lieu de vie multiculturel pour que les femmes et les enfants puissent devenir autonomes et réaliser leurs rêves.